Le tribunal tchadien a poursuivi, mardi 1er septembre, l'examen du dossier du général Abdoulaye Miskine et de ses coaccusés. Après deux jours d'auditions contradictoires, les positions se cristallisent : la société civile réclame justice pour les victimes, tandis que l'équipe juridique de l'accusé principal forge ses arguments pour obtenir un non-lieu.
Mahamat Digadimbaye, coordinateur de la Cascidho (Coordination des associations de défense des droits humains), a rappelé la gravité des allégations : crimes contre l'humanité, tortures, viols et disparitions forcées. L'organisation, constituée partie civile depuis 2020, insiste sur l'ampleur des préjudices. « Des centaines de victimes » ont subi les agissements du chef militaire à la frontière nord, selon son témoignage. La Cascidho demande des réparations substantielles pour les survivants qui ont pu se présenter, consciente que de nombreux affectés n'ont pu effectuer le déplacement jusqu'à la capitale.
De son côté, Maître Benjamin Mamgodibaye, avocat de la défense, a qualifié les débats de « procès digne de ce nom », sans incidents notables. Les interrogatoires des accusés et des victimes ont permis à chaque partie d'exposer sa version. L'instruction étant close, les plaidoiries débuteront vendredi après une suspension motivée par l'indisposition du procureur général. La défense brandit une exception d'incompétence territoriale, Miskine contestant la légalité de son jugement sur sol tchadien au lieu de la Centrafrique.
Ce qu’il faut retenir
- Les débats du procès Miskine se poursuivent : instruction terminée, plaidoiries attendues vendredi prochain.
- La Cascidho demande des indemnisations pour les centaines de victimes de tortures, viols et disparitions forcées.
- La défense brandit l'exception d'incompétence et prépare sa demande d'acquittement en tant que « stratégie jalousement gardée ».
Source : Tchad Infos