À quelques kilomètres de Pretoria, un sanctuaire abrite environ 60 loups et autant d'hybrides issus de croisements avec des chiens domestiques. Ces animaux, introduits en Afrique du Sud durant les années 1970-1980 par le régime ségrégationniste, incarnent un chapitre oublié de l'histoire militaire du pays. Le gouvernement de l'apartheid avait en effet lancé un programme visant à créer une créature hybride combinant l'obéissance du chien policier avec la force et l'endurance du loup, destinée aux opérations de sécurité et aux guerres frontalières en Namibie et en Angola.
Cinquante ans plus tard, la fin du régime et l'abandon du projet militaire ont transformé ces animaux en vestiges vivants d'une époque révolue. Incapables de survivre à l'état sauvage faute d'avoir connu la nature, élevés depuis l'enfance par des humains, ils demeurent prisonniers des enclos du All Hearts Wolf and Animal Foundation. Ronnie et Lexi Austen gèrent ce refuge depuis une décennie, avec des moyens limités : dons philanthropiques et charges mensuelles considérables. L'alimentation seule consomme entre 4,5 et 6 tonnes de poulet et deux à trois bovins chaque mois.
Le sanctuaire tente de compenser l'absence de liberté en aménageant des enclos vastes, avec bassins, arbres et espace pour creuser. Mais les responsables l'admettent : aucun enrichissement comportemental ne pourra jamais remplacer véritablement la vie sauvage. Ces créatures demeurent ainsi l'héritage embarrassant d'une hybridation militaire jamais répliquée ailleurs.
Ce qu’il faut retenir
- Environ 60 loups et 7 hybrides loup-chien vivent captifs près de Pretoria, issus d'un programme militaire de l'apartheid des années 1970-1980.
- Incapables de retourner à l'état sauvage après avoir grandi en captivité, ces animaux dépendent entièrement du refuge pour leur survie alimentaire et médicale.
- Le coût mensuel d'entretien atteint plusieurs milliers de rands, financés uniquement par des donations pour cette institution non gouvernementale.
- Historiens et experts voient en ces créatures les derniers vestiges vivants d'une expérience militaire aujourd'hui abandonnée et largement méconnue.
Source : Africanews