Les organisations syndicales du secteur éducatif camerounais franchissent un nouveau cap. Le 13 juillet 2026, le Collectif des Organisations des Enseignants du Cameroun (COREC) a lancé une pétition de portée nationale, adressée directement au Président de la République. Ce mouvement symbolise l'exaspération croissante du corps enseignant face à des promesses restées lettre morte depuis des années.
Au cœur du conflit : l'absence de signature et d'application du statut spécial de l'enseignant. Présenté au Ministère de la Fonction publique en octobre 2023, puis à nouveau en avril 2025, ce texte attendu demeure bloqué dans les rouages administratifs. Le COREC dénonce aussi le non-respect du Forum National de l'Éducation, promis d'abord pour 2019, puis repoussé à 2025.
Les conséquences pédagogiques alarment les organisations syndicales. Selon le COREC, le niveau académique des apprenants se détériore à un rythme préoccupant : l'admission en classe de sixième s'effectue désormais avec une note minimale de 5/20. Par ailleurs, le collectif soulève un problème structurel grave : nombreux sont les enseignants qui envisagent de quitter le Cameroun, accentuant une fuite des cerveaux nuisible au système éducatif national.
Dix-huit organisations syndicales, dont le SNAES et le SYDTEPNYS, se rangent derrière cette démarche, conduite par Ngatchou Edouard Morgan, secrétaire général du COREC. La mobilisation vise à forcer l'exécutif à agir sans délai sur des dossiers qui concernent directement la qualité de l'éducation dans toute l'Afrique centrale.
Ce qu’il faut retenir
- Le COREC lance une pétition nationale exigeant la signature immédiate du statut spécial des enseignants camerounais
- Le statut spécial, soumis deux fois à l'administration, attend depuis octobre 2023 sans avancer concrètement
- La qualité de l'enseignement se dégrade avec des apprenants admis en sixième avec seulement 5 sur 20
- Dix-huit syndicats dénoncent les promesses non tenues depuis des années sur l'éducation nationale
Source : Journal du Cameroun