Face à la montée des violences xénophobes en Afrique du Sud, le Nigeria a pris une décision majeure : suspendre toutes ses délégations législatives à Pretoria. Cette mesure, annoncée vendredi par les dirigeants des deux chambres du Parlement nigérian, intervient après des mois de tension croissante dans la nation arc-en-ciel.
Les autorités législatives d'Abuja dénoncent une vague d'attaques coordonnées contre des ressortissants africains, en particulier les Nigérians. Selon le greffier de l'Assemblée nationale, plusieurs citoyens ont trouvé la mort, d'autres ont été blessés ou contraints à l'exil. Des centaines ont abandonné commerces et habitations pour fuir les débordements. Cette escalade s'est intensifiée après que des groupes de manifestants eurent lancé un ultimatum aux migrants en situation irrégulière : quitter le pays avant le 30 juin.
Abuja a lancé des opérations d'évacuation massives : environ 1 699 Nigérians ont été rapatriés entre juin et septembre, tandis que le Ghana a récupéré 1 964 ressortissants. Au total, plus de 200 000 migrants ont quitté l'Afrique du Sud, selon les chiffres compilés par des agences internationales.
Le gel des relations parlementaires concerne également les échanges virtuels. Tout engagement avec les législateurs sud-africains exigera désormais une approbation préalable. Cependant, Abuja maintient qu'il ne s'agit pas d'une rupture diplomatique globale, mais d'une pression légitime pour que Pretoria assure la sécurité des migrants et des investisseurs africains.
Ce qu’il faut retenir
- Le Parlement nigérian gèle tous ses échanges officiels avec l'Afrique du Sud jusqu'à amélioration sécuritaire
- Plus de 1 600 Nigérians ont été rapatriés et 200 000 migrants africains ont fui le pays depuis juin
- Abuja réclame des enquêtes, des arrestations et des poursuites contre les auteurs d'attaques xénophobes
- Malgré la suspension, le Nigeria réaffirme son engagement pour une coopération basée sur le respect mutuel
Source : Africanews