Nachtigal produit 3,6 TWh mais les délestages persistent au Cameroun

Depuis mai 2025, la centrale hydroélectrique de Nachtigal fonctionne à plein régime. En un an d'exploitation, elle a fourni 3,6 térawattheures d'électricité au réseau national camerounais. Avec sa capacité de 420 MW, l'infrastructure de Ndokoa, à 70 km au nord-est de Yaoundé, était supposée couvrir près du tiers des besoins énergétiques du pays.

Or, malgré ce renforcement significatif de la capacité de production, les ménages et entreprises continuent de subir des coupures récurrentes. Ce paradoxe révèle un problème structurel majeur : produire plus d'électricité ne suffit pas si le transport et la distribution ne suivent pas. Entre la centrale et le consommateur final se dressent des obstacles techniques et organisationnels redoutables.

Nicolas Bec, directeur d'exploitation de Nachtigal Hydro Power Company, souligne que son entreprise n'intervient que jusqu'au poste de raccordement de Nyom II, en périphérie nord de Yaoundé. De là, le transport et la distribution relèvent d'autres acteurs du système : Sonatrel pour le transport via une ligne de 225 kV, et le distributeur national pour l'acheminement final. Cette fragmentation du secteur pose une question cruciale : la crise électrique camerounaise est-elle une affaire de production insuffisante ou de défaillances en aval ?

La réponse semble entendue. Les infrastructures intermédiaires — lignes de transport, postes de transformation, réseaux de distribution — constituent désormais le maillon faible. S'ajoutent à cela des enjeux financiers préoccupants : les impayés de l'État menacent l'équilibre budgétaire des producteurs et fragilisent la chaîne énergétique entière.

Ce qu’il faut retenir

  • Nachtigal a injecté 3 613 785 MWh en douze mois avec un taux de disponibilité supérieur à 94 %
  • Les délestages persistent car le transport et la distribution ne suivent pas la hausse de production
  • La coordination entre producteurs, transporteurs et distributeurs s'avère essentielle pour optimiser l'énergie livrée
  • Les tensions financières, notamment les arriérés de paiement, menacent la viabilité du secteur

Source : Investir au Cameroun

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