Gabon : cinq ans de recherche pour maîtriser la chenille légionnaire

L'Institut de recherches agronomiques et forestières (IRAF) a présenté mercredi à Ntoum, près de Libreville, les conclusions d'un vaste programme d'étude sur la chenille légionnaire, ce ravageur qui décime les cultures de maïs dans la région. Pendant cinq années, chercheurs et agriculteurs ont collaboré pour mieux comprendre cet insecte dévastateur et identifier les solutions les plus efficaces.

Le projet, financé par la Corée du Sud via l'initiative KAFACI depuis 2020, repose sur une approche terrain inédite. Les équipes ont mené des enquêtes auprès des producteurs, examiné les dégâts dans les champs, prélevé des échantillons et testé en laboratoire le cycle biologique de la larve. Résultat : quatre-vingt-deux virgule trois pour cent des exploitants interrogés avaient déjà rencontré ce nuisible, et tous recouraient à des pesticides chimiques pour le combattre.

L'analyse des données révèle une vulnérabilité saisonnière majeure : l'infestation atteint son pic durant les périodes sèches, avec plus de quarante-cinq pour cent des plants touchés. À l'inverse, les précipitations réduisent naturellement la population de larves. Les chercheurs ont aussi évalué l'efficacité de quatre pesticides commercialisés localement (Emacot, Pacha, Acarius, Karaté), montrant que les résultats varient selon les compositions chimiques et les dosages appliqués.

Ces découvertes offrent aux paysans des repères concrets pour les campagnes à venir. Cependant, l'IRAF ne compte pas s'arrêter là. L'institution plaide pour une transition vers des méthodes biologiques, impliquant les ennemis naturels du ravageur, afin de réduire la dépendance aux produits chimiques et d'instaurer une protection agricole plus durable.

Ce qu’il faut retenir

  • Cinq ans d'études menées conjointement par l'IRAF et producteurs gabonais aboutissent à une meilleure compréhension du ravageur
  • Les saisons sèches concentrent l'infestation à plus de quarante-cinq pour cent ; les pluies limitent naturellement la prolifération larvaique
  • Quatre pesticides testés : efficacité variable selon formulation, ouvrant la voie à des choix raisonnés par les exploitants
  • L'IRAF envisage une seconde phase basée sur la lutte biologique plutôt que sur la seule chimie agricole

Source : Gabon Actu

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