Le leader rebelle centrafricain Abdoulaye Miskine a ouvert son procès au Tchad lundi 31 août 2026 en contestant la compétence de la cour tchadienne. Après plusieurs reports liés à l'absence de témoins et de plaignants, les débats judiciaires se sont enfin engagés devant une juridiction que l'accusé juge incompétente pour statuer sur ses agissements.
Dès la séance inaugurale, Miskine a soulevé une exception de procédure majeure : selon lui, seules les autorités judiciaires centrafricaines auraient le droit d'examiner les faits qui lui sont reprochés, ces derniers s'étant déroulés en Centrafrique. Il a estimé que la cour n'avait pas les connaissances suffisantes pour apprécier correctement les circonstances de l'affaire.
Le tribunal a rejeté cet argument, arguant que les infractions poursuivies relèvent du droit pénal international et qu'il lui appartient d'établir les responsabilités criminelles de l'accusé et de ses coaccusés. L'interrogatoire s'est poursuivi en scrutant la création de son mouvement armé, son évolution organisationnelle, ainsi que ses différentes alliances politiques et militaires.
Les victimes ont déposé des témoignages imputant à Miskine et à ses combattants divers crimes de masse. La défense a immédiatement contesté la fiabilité de ces accusations, affirmant qu'aucune preuve matérielle substantielle ne les étayait. Le procès doit maintenant progresser vers les réquisitions du ministère public, suivies des plaidoiries finales.
Ce qu’il faut retenir
- Abdoulaye Miskine conteste la légitimité de la justice tchadienne à juger ses actes en Centrafrique
- Témoignages de victimes présentant des accusations de crimes graves contre l'ex-chef rebelle et ses partisans
- La défense remet en doute la solidité probante des déclarations avancées par les plaignants
- Poursuite prévue avec les réquisitions ministérielles et conclusions des avocats des deux côtés
Source : Tchad Infos