Marguerite Mbida, la femme qui a bravé Ahidjo en 1964

L'historienne politique camerounaise retient le nom de Marguerite Mbida comme l'une des rares femmes ayant osé affronter le pouvoir du président Ahmadou Ahidjo. Alors que son époux, l'ancien Premier ministre André-Marie Mbida, croupit en prison au bagne de Banyo, elle prend les rênes du Parti démocrate camerounais (PDC) pour les législatives d'avril 1964, période où Ahidjo consolide son emprise sur le pays en visant l'instauration d'un régime monopartite.

Fille d'un planteur de cacao aisé et première femme du Cameroun à obtenir un permis de conduire, Marguerite Mbida parcourt en tous sens la région du Nyong et Sanaga, sillonnant le territoire du Lékié jusqu'aux confins orientaux. Son campagne gagne le cœur des populations locales, qui l'écoutent avec enthousiasme. À Elig-Mfomo, elle affronte même les tentatives d'intimidation du chef traditionnel, la foule se dressant pour lui permettre de poursuivre son périple.

Au scrutin, le PDC remporte une victoire incontestable, résultat que l'Église catholique elle-même reconnaît. Mais Ahidjo ne l'entend pas de cette oreille. Humilié par ce revers électoral inattendu, il ordonne la falsification des résultats. Pire encore : il redessine la carte administrative de la région, créant de nouveaux départements, avant de déployer l'armée dans tout le Nyong et Sanaga. Bilan tragique : environ 50 000 personnes sont arrêtées et déportées vers les bagnes de Mantoum, Tcholliré et Yoko.

Ce qu’il faut retenir

  • Marguerite Mbida dirige le PDC lors des législatives camerounaises d'avril 1964, défiant l'autoritarisme montant
  • Elle remporte une victoire électorale confirmée par les populations et l'institution religieuse locale
  • Ahidjo annule les résultats et lance une vaste répression : 50 000 arrestations et déportations en cascade

Source : Le Bled Parle

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