Au Gabon, trouver un toit devient un luxe réservé aux portefeuilles bien garnis. Des intermédiaires autoproclamés agents immobiliers ont transformé le marché locatif en une véritable rente, en multipliant les frais à chaque étape du parcours de recherche.
Le système est rodé : sur les réseaux sociaux, ces courtiers publient des annonces de logements avec photos attrayantes. À peine le contact établi, les demandeurs doivent s'acquitter de 10 000 FCFA par visite. Trois logements à voir ? Comptez 30 000 FCFA, somme non remboursable même si aucun bien ne correspond aux attentes. Les recherches s'éternisant sur plusieurs jours, chaque nouveau déplacement engendre des frais supplémentaires.
Quand enfin un logement convient, ce n'est que le début des dépenses. Le courtier réclame une commission qui atteint régulièrement l'équivalent d'un mois entier de loyer. Pour un appartement loué 200 000 FCFA, le futur locataire doit rassembler 600 000 FCFA : loyer mensuel, dépôt de garantie et rémunération de l'intermédiaire. Cette pratique affecte principalement les ménages en quête urgente d'un logement, déjà précarisés par l'augmentation générale des coûts.
Bien que les propriétaires restent maîtres de leurs tarifs locatifs, l'absence de réglementation pour les courtiers crée un vide juridique exploité sans retenue. Des voix réclament désormais un cadre légal strict pour encadrer ces activités et protéger les locataires contre les abus.
Ce qu’il faut retenir
- Les courtiers immobiliers facturent 10 000 FCFA par visite sans remboursement en cas d'insatisfaction
- Une commission équivalente à un mois de loyer s'ajoute lors de la signature, triplant le coût initial
- L'absence d'encadrement légal favorise les pratiques abusives auprès des demandeurs pressés
Source : Gabon Actu