La province de Taïz, au sud-ouest du Yémen, connaît un nouvel exode humanitaire. Depuis quinze jours, plus de 125 000 personnes ont quitté leurs foyers, fuyant l'intensification des combats entre les forces gouvernementales soutenues par Riyad et les combattants houthis. Des familles entières se retrouvent sans abri, entassées dans des camps de fortune, parfois sous le simple couvert d'arbres.
Ce regain de violences intervient après une trêve relative observée depuis 2022. Les affrontements se sont brutalement ravivés suite aux récentes avancées militaires des Houthis. Les civils payent le prix fort : en une seule semaine, l'Organisation mondiale de la santé a enregistré plus de 500 décès, contre 200 la semaine précédente.
Sur le terrain, des témoignages accablants illustrent l'ampleur du drame. Nashwan Ahmed Said, 51 ans, vivant à Al Kadha, en est à son troisième déplacement forcé depuis 2014. Avec des sacs de blé usagés, il tente de construire un refuge. Arwa Ahmed Qassem, mère de cinq enfants, a dû fuir sous les tirs ; ses enfants n'ont eu qu'un maigre repas de riz en trois jours. Au Yémen, pays souvent décrit comme le plus pauvre de la péninsule arabique, l'aide humanitaire s'avère insuffisante face aux blocus routiers et au manque de financements.
Ce qu’il faut retenir
- 125 000 déplacés en deux semaines dans la région de Taïz suite à la reprise des hostilités
- Bilan sanitaire alarmant : plus de 500 morts en sept jours selon l'OMS
- Conditions d'extrême précarité dans les camps : absence d'eau potable, toilettes, vivres et abris décents
- Accès humanitaire gravement entravé par l'insécurité et les restrictions d'acheminement
Source : Africanews