Les autorités américaines ont procédé jeudi à une nouvelle vague d'expulsions en direction d'Haïti, envoyant plus de 50 personnes, dont deux enfants, vers un territoire ravagé par la violence des gangs. Ce rapatriement forcé s'inscrit dans un processus systématique débuté depuis l'abrogation du statut de protection temporaire (TPS) qui couvrait environ 350 000 ressortissants haïtiens établis aux États-Unis.
Le vol en question a dû atterrir à Cap-Haïtien, dans le nord, l'aéroport principal de Port-au-Prince demeurant inaccessible en raison des niveaux alarmants d'insécurité. Parmi les expulsés figurait Jay Dabelus, boxeur professionnel né aux Bahamas, qui n'avait jamais mis les pieds en Haïti avant ce rapatriement involontaire. Dabelus a confié son désarroi : dépourvu de ressources familiales et de soutien dans un pays qu'il découvre, il se trouve confronté à une situation humanitaire précaire.
Cet épisode représente le deuxième vol d'expulsion depuis la fin du programme TPS. Un premier convoi, comptant plus de 160 passagers, avait déjà atteint Haïti le 20 août. À leur descente d'avion, plusieurs expulsés ont couvert leurs visages, craignant des représailles dans un environnement où les enlèvements et assassinats prolifèrent. La situation d'Haïti s'est dramatiquement aggravée : une récente attaque criminelle a dénombré 47 morts et dépassé les 50 enlèvements.
Ce qu’il faut retenir
- Plus de 50 personnes renvoyées jeudi en Haïti suite à la suppression du TPS protégeant 350 000 migrants
- L'insécurité galopante force les vols d'arrivée à contourner Port-au-Prince pour Cap-Haïtien
- Parmi les expulsés, Jay Dabelus, boxeur sans famille ni moyens face à la violence des gangs
- Deuxième opération d'expulsion depuis l'abrogation du programme de protection temporaire
Source : Africanews