Le président félix Tshisekedi a dévoilé jeudi 27 août les contours d'un grand dialogue national visant à panser les plaies du Congo-Kinshasa. Mais d'entrée, il a fermé la porte au mouvement insurrectionnel M23 et à son alliance politique, le AFC, les excluant explicitement du processus.
Dans une allocution télévisée, le chef de l'État a précisé que le processus de Doha — négociations internationales menées au Qatar — resterait le cadre compétent pour traiter la question du M23. La participation du groupe armé au dialogue national est donc exclue en tant que composante politique. Cependant, Tshisekedi a laissé une fenêtre : les combattants qui renonceraient individuellement à la violence et condamneraient explicitement l'« agression » contre le pays pourraient retrouver le chemin de la communauté nationale.
Ce dialogue, qui ne devrait pas dépasser trois mois, sera ouvert à tous les Congolais excepté ceux qui « mènent guerre armée contre l'ordre constitutionnel ». Une commission préparatoire sera mise en place dans les prochains jours pour préparer les débats. Le processus prévoit des consultations provinciales dont les recommandations alimenteront des assises nationales à Kinshasa, débouchant sur l'adoption d'un « pacte national ».
Cette initiative intervient dans un contexte tendu : le M23 et ses alliés rwandais contrôlent depuis début 2025 les grandes villes du Kivu (Goma et Bukavu), siège d'une administration parallèle. Tshisekedi n'a pas précisé si les habitants de ces zones pourraient participer au dialogue.
Ce qu’il faut retenir
- Dialogue national limité à trois mois, excluant le M23 mais ouvert aux anciens combattants en rupture de ban
- Processus en trois phases : consultations régionales, assises nationales, adoption d'un pacte républicain
- M23 renvoyé au cadre de Doha ; statut des zones sous contrôle rebelle non clarifié
Source : The Africa Report