Un geste simple, devenu symbole national. Le journaliste camerounais Souley Onohiolo a finalement cédé en se rasant, mettant fin à un défi lancé le 6 novembre 2025 : garder sa barbe intacte jusqu'au remaniement gouvernemental promis par Paul Biya. Pendant sept mois, cette pilosité est devenue bien plus qu'une question d'hygiène personnelle.
Depuis octobre 2025, les élections présidentielles ont eu lieu, mais le gouvernement en place depuis 2019 n'a pas bougé d'un pouce. Le chef de l'État a pourtant annoncé, à deux reprises, un remaniement pour bientôt : le 31 décembre 2025 et le 10 février 2026. Rien. L'homme du terrain attendait le 20 mai, jour de la fête nationale, espérant voir son président défiler avec une équipe renouvelée. Peine perdue.
Ce qui avait commencé comme une provocation personnelle a vite échappé à son auteur. Sur les réseaux sociaux, camerounais et observateurs internationaux ont vu dans cette barbe blanchissante l'incarnation de la patience usée d'une nation. RFI elle-même s'en est fait l'écho en mai 2026. Pour Souley Onohiolo, il s'agissait de servir de « mauvaise conscience ambulante » rappelant au palais présidentiel l'urgence d'un changement. Las, le rasoir a remporté la bataille que l'attentisme n'a pas perdue.
Ce qu’il faut retenir
- Le journaliste Le Messager a abandonné après 210 jours son pari capillaire contre l'immobilisme administratif camerounais.
- Paul Biya a promis deux fois un remaniement sans le concrétiser, alimentant la frustration politique nationale.
- La barbe devenue virale incarne la désillusion d'une population attendant des changements gouvernementaux tangibles.
- L'administration camerounaise continue son rythme figé malgré les pressions symboliques et médiatiques externes.
Source : Camer.be