Scolarité des filles au Burkina : briser le cycle de l’abandon

Au Burkina Faso, particulièrement dans la région des Bankui, des milliers de jeunes filles voient leurs ambitions s'évanouir avant même d'accéder au secondaire. Grossesses précoces, unions forcées et rigidités traditionnelles constituent les principaux obstacles à leur maintien dans le système éducatif, un défi qui concerne l'ensemble de l'Afrique centrale.

Le constat chiffré est implacable : 46 % des élèves féminines abandonnent leurs études au niveau national, tandis que la région des Bankui enregistre déjà 32 % de déscolarisation. En 2025, pas moins de 450 filles ont quitté les salles de classe du fait de grossesses, contre 227 cas dans la région du Nakambé. Ces statistiques masquent des histoires personnelles déchirantes, comme celle d'Aicha Sanon qui rêvait de devenir avocate avant qu'une grossesse non prévue ne brise définitivement son parcours.

Face à cette urgence, les autorités éducatives, les chefs coutumiers et religieux, ainsi que les enseignants unissent leurs forces. Une campagne nationale intitulée « Kom-pugli kaoreng yõodo » a été lancée par un collectif interministériel réunissant santé, éducation, action sociale et jeunesse. L'objectif : inverser les pratiques sociales qui sacrifient l'éducation des filles au profit de normes obsolètes. La sensibilisation des leaders d'opinion est devenue le levier prioritaire pour obtenir un changement comportemental durable au sein des communautés.

Ce qu’il faut retenir

  • Au Burkina Faso, 46 % des filles abandonnent l'école secondaire, dont 450 dans les Bankui en 2025 pour cause de grossesse.
  • Mariages forcés, charge excessive de tâches ménagères et pesanteurs culturelles figurent parmi les principaux freins à la scolarité féminine.
  • Une mobilisation gouvernementale multisectorielle et l'engagement des autorités traditionnelles visent à transformer les mentalités et maintenir les filles à l'école.
  • Sur 100 filles entrées au primaire, seulement 37 atteignent la sixième et 15 la classe de terminale.

Source : Burkina 24

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