La santé financière du Cameroun est sous haute surveillance. Une note récente sur la dette publique, arrêtée à juin 2026, révèle une situation préoccupante avec un endettement public s'élevant à 15 607 milliards FCFA. Malgré un reclassement vers une capacité de remboursement dite « moyenne », le pays demeure classé à haut risque de surendettement extérieur. Cette fragilité a des conséquences directes sur l'accès au crédit, rendant les emprunts plus coûteux et rares, tout en intensifiant les exigences de réformes structurelles de la part des bailleurs.
L'espace budgétaire se rétrécit dangereusement, une part croissante des recettes étant dévorée par le service de la dette. Les dépenses d'investissement et sociales en pâtissent. De plus, le Cameroun devient plus vulnérable aux chocs externes, tels que les fluctuations du FCFA ou des cours des matières premières. Des passifs hors bilan non encore intégrés pourraient encore aggraver la donne. La dépendance aux marchés régionaux de la CEMAC, où le Cameroun détient 51% de la dette intérieure, accroît également les risques réputationnels.
L'incapacité à conclure un nouveau programme avec le Fonds Monétaire International (FMI), dont les négociations pour un accord 2026-2029 sont toujours en cours après la fin du précédent programme fin juillet 2025, pourrait précipiter le pays dans un cercle vicieux de surendettement. Cela entraînerait une perte des financements concessionnels, une dégradation de la notation souveraine et un renchérissement du coût de la dette, affectant potentiellement la stabilité monétaire régionale.
Ce qu’il faut retenir
- Dette publique camerounaise : 15 607 milliards FCFA, avec un risque élevé de surendettement extérieur.
- Accès au crédit extérieur plus difficile et coûteux, avec une part croissante de prêts non concessionnels.
- Le risque d'un échec des négociations avec le FMI pourrait entraîner une spirale de surendettement.
Source : News du Cameroun