L'urbanisation galopante en Afrique centrale impose de repenser la gestion des espaces urbains. Selon Scarlett Zongo, urbaniste et entrepreneuse burkinabè, le continent doit saisir l'opportunité du numérique pour construire des métropoles intelligentes adaptées à ses contraintes et ses besoins spécifiques, loin des modèles asiatiques.
Géolocalisation, intelligence artificielle, drones et analyse de données : ces outils technologiques offrent aux autorités locales des solutions pour améliorer la gestion urbaine malgré les budgets restreints. La modélisation 3D permet par exemple de simuler les inondations ou tempêtes, renforçant ainsi la résilience des villes face aux catastrophes naturelles devenues plus fréquentes en Afrique centrale.
Mais l'Afrique ne doit pas dupliquer les modèles de Singapour ou Séoul. Scarlett Zongo insiste : une véritable « smart city africaine » doit répondre aux réalités locales — dématérialisation des services publics pour réduire les déplacements et désengorger les administrations, transports collectifs connectés informant les voyageurs en temps réel.
Cependant, des freins majeurs subsistent : faible taux de possession de smartphones, maîtrise insuffisante de l'outil numérique, et barrière linguistique où l'hégémonie du français exclut encore de nombreux usagers potentiels. L'experte plaide aussi pour une meilleure souveraineté des données africaines, afin que le continent maîtrise ses propres informations stratégiques plutôt que dépendre des géants numériques internationaux. Fondamentalement, elle rappelle que la technologie doit rester au service de l'homme, non l'inverse.
Ce qu’il faut retenir
- Technologie numérique indispensable pour gérer urbanisation et croissance démographique en Afrique centrale.
- Modèles de villes intelligentes doivent être pensés localement, adapté aux réalités socio-économiques du continent.
- Obstacles majeurs : accès limité aux smartphones, faible littératie digitale, domination linguistique freine adoption.
- Souveraineté des données africaines cruciale pour réduire dépendance envers plateformes numériques mondiales.
Source : Burkina 24