La République démocratique du Congo construit une arme nouvelle face aux géants miniers mondiaux : la maîtrise complète de l'information souterraine. Kinshasa lance une vaste cartographie de son territoire et crée une banque nationale de données géologiques, destinée à renforcer son pouvoir de négociation avec les investisseurs étrangers.
Un contrat de 180 millions de dollars a été confié en janvier au groupe espagnol Xcalibur pour scanner plus de 700 000 kilomètres carrés. Parallèlement, le gouvernement collabore avec le BRGM français et des organismes sud-africains pour explorer son patrimoine minier. Ces travaux doivent aboutir à une base de données fonctionnelle d'ici fin 2026.
L'enjeu dépasse la simple cartographie. La RDC détient environ 52 % des réserves de cobalt de la planète, des gisements de cuivre, de lithium et d'or qui font l'objet d'une intense rivalité géopolitique entre Washington et Pékin. Contrôler l'information sur ces ressources revient à orienter les investissements futurs et à peser dans les négociations commerciales.
Kinshasa prévoit un modèle d'accès à deux vitesses : les données de base restent gratuites, mais les informations jugées stratégiques seront monnayées. Les revenus alimenteront de nouvelles campagnes de relevés. Cette approche tranche radicalement avec celle de l'Australie, du Canada ou du Royaume-Uni, qui diffusent leurs données librement.
Ce qu’il faut retenir
- Un contrat de 180 millions de dollars lancé avec Xcalibur pour couvrir 700 000 km² en cartographie aéroportée.
- Base de données stratégique opérationnelle en 2026 pour contrôler l'accès aux informations géologiques du pays.
- RDC détient plus de 50 % des réserves mondiales connues de cobalt, au cœur de la compétition sino-américaine.
- Données sensibles payantes ; revenus réinvestis dans exploration afin de maximiser négociations avec investisseurs.
Source : Africanews