Le Syndicat National des Journalistes du Cameroun a rompu son silence le 4 juin 2026. Dans une déclaration officielle, son secrétaire général Hilaire Hamekoue fustige plusieurs organes de presse qui ont publié en première page des termes définitifs — « disculpé », « innocenté », « blanchi » — alors que le tribunal militaire de Yaoundé poursuit toujours l'instruction du dossier Martinez Zogo.
Cinq journaux sont nommément cités pour cette pratique jugée contraire à l'éthique : l'Anecdote, l'Abcès Républicain, Première Heure, Cameroun Actuel et Nkulongla. Le SNJC y voit une violation grave des règles du journalisme judiciaire, une intrusion du verdict médiatique sur le terrain réservé à la magistrature.
L'affaire Zogo — meurtre du directeur d'Amplitude FM enlevé en janvier 2023 — continue de marquer profondément le secteur des médias en Afrique centrale. Mais c'est précisément cette charge émotionnelle qui ne doit jamais justifier un écart déontologique, rappelle le syndicat. Entre l'indépendance de la justice et la responsabilité de la presse, aucune ligne rouge ne peut être franchie.
Ce qu’il faut retenir
- Cinq médias camerounais ont annoncé l'innocence des accusés en plein procès, selon le SNJC.
- Le syndicat défend deux piliers : l'autonomie du pouvoir judiciaire et la rigueur informationnelle.
- L'assassinat du journaliste Zogo reste une plaie pour la profession, mais n'excuse pas les manquements déontologiques.
Source : Camer.be