Le Cameroun fait face à une crise silencieuse mais meurtrière : la prolifération de praticiens clandestins qui opèrent dans l'ombre, loin de tout contrôle sanitaire. Les chiffres des décès et complications ne cessent de s'accroître, malgré les fermetures de centres illégaux et les efforts de sensibilisation des autorités.
En juillet dernier, Charlotte Meyo, une responsable administrative du ministère de l'Environnement, a trouvé la mort après une intervention menée par un vendeur de médicaments sans formation. Retrouvée dans la rivière Mfoulou à Akak, la jeune femme avait disparu depuis le 30 juin. Mais son cas n'est qu'un parmi tant d'autres. À Ebolowa, une patiente admise pour des douleurs abdominales a succombé lors d'une opération supposément mineure confiée à un imposteur. À Foumbot, une jeune femme de 29 ans a péri après une liposuccion pratiquée dans une chambre ordinaire par un faux chirurgien.
Ces « médecins de quartier » ne désarment pas. Installés dans des locaux précaires et parfois insalubres, ils ciblent leur clientèle près des hôpitaux et dans les rues. Leurs tarifs séduisants attirent des patients en quête de solutions rapides et bon marché. Une blouse blanche, quelques termes médicaux, et les malades font confiance. Or, le matériel provient du marché parallèle et les médicaments du circuit illicite, transformant chaque intervention en pari mortel.
Ce qu’il faut retenir
- Charlotte Meyo, 35 ans, décédée après une intervention non médicale clandestine en région Centre.
- Les faux praticiens offrent consultations, chirurgies, extractions dentaires et accouchements à domicile.
- Matériel de marché noir et médicaments illicites utilisés sans aucun cadre sanitaire ni légal.
Source : Cameroon Tribune