La déclaration du chantre Ange d'Or contre les mères célibataires a embrasé les réseaux sociaux tchadiens. Mais en scrutant cette polémique, une asymétrie flagrante émerge : la responsabilité parentale repose en réalité sur deux parents, et pourtant seules les femmes sont mises au banc des accusés.
Dans le sillage de ces échanges viraux, les critiques se sont abattues presque exclusivement sur les femmes élevant seules leurs enfants. Or, chaque situation de monoparentalité implique aussi un père. Certaines femmes ont été abandonnées enceintes, d'autres ont quitté des relations marquées par la violence, quelques-unes sont veuves. Parallèlement, des milliers d'hommes vivent également le célibat, parfois avec des enfants, sans susciter la même réprobation sociale.
Cette inégalité de jugement reflète une réalité plus large : dans de nombreuses sociétés africaines, y compris au Tchad, le regard moral pèse différemment selon le genre. En réduisant une personne à son seul statut de mère célibataire, on ignore toute la complexité de son parcours. Le débat devrait plutôt porter sur l'engagement parental équilibré, la protection de l'enfant et la construction d'une coexistence fondée sur le respect mutuel plutôt que sur des jugements définitifs.
Ce qu’il faut retenir
- La polémique occulte la responsabilité des pères, concentrant la stigmatisation uniquement sur les femmes monoparentales
- Au Tchad comme en Afrique centrale, les critères moraux du mariage restent asymétriques selon le sexe
- Construire une société équilibrée exige une même exigence éthique envers hommes et femmes en matière de responsabilité familiale
Source : Alwihda Info