Trente-neuf jours après son interpellation en pleine rue par des individus masqués, l'ancien Premier ministre gabonais Alain-Claude Bilie-By-Nzé reste au cœur d'une affaire qui divise le pays. Sa famille vient de rompre le silence et monte au créneau pour réclamer sa libération, au moins sous caution, afin qu'il puisse préparer sa défense dans des conditions décentes.
Le frère aîné de l'ancien chef du gouvernement parle d'« enlèvement » et dénonce les conditions d'isolement carcéral auxquelles serait soumis Bilie-By-Nzé. Mais l'enjeu dépasse la situation personnelle de ce candidat malheureux à la présidentielle d'avril 2025 : les proches de l'homme d'État soulèvent une question qui résonne au-delà des frontières du Gabon. Comment des accusations vieilles de dix-huit ans ressurgissent-elles précisément maintenant, juste après que le principal intéressé ait exprimé publiquement son désaccord avec la gestion des affaires publiques ?
Cette chronologie suscite l'inquiétude, d'autant que des représentants de la magistrature et des greffiers gabonais ont eux-mêmes exprimé leurs craintes quant à une possible récupération politique de la machine judiciaire. En Afrique centrale, où la confiance envers les institutions demeure fragile dans plusieurs États, l'affaire Bilie-By-Nzé pose une question universelle : celle de la séparation des pouvoirs et de l'indépendance réelle de la justice.
Ce qu’il faut retenir
- Famille demande libération provisoire de Bilie-By-Nzé, détenu depuis 39 jours après arrestation controversée
- Accusations portent sur faits remontant à 2007, ressurgis après critiques publiques de l'ancien PM
- Syndicats judiciaires redoutent une instrumentalisation politique de la justice gabonaise
- Enjeu : crédibilité des institutions et respect des libertés après transition de 2023
Source : Gabon Actu