Ousmane Abderaman Djougourou, évincé de la direction de l'Autorité indépendante de lutte contre la corruption (AILC) le 14 août, dénonce publiquement une obstruction volontaire de ses investigations. Selon lui, l'organisme avait découvert des anomalies substantielles dans la gestion des hydrocarbures à la Société des hydrocarbures du Tchad (SHT), notamment des écarts inexplicables entre les cours pratiqués et les tarifs de référence mondiaux.
Dans une déclaration relayée sur les réseaux sociaux, l'ancien contrôleur affirme que l'ordre d'interrompre cette mission d'audit aurait émané directement de la présidence. Il revendique d'avoir lui-même sollicité son remplacement, mais place la question au cœur d'un enjeu constitutionnel majeur, évoquant même la notion de « haute trahison » — une position qui soulève des tensions autour de la gouvernance transparente des ressources énergétiques du pays.
Djougourou rapporte également être exposé à des menaces depuis ces événements. La SHT a de son côté contesté sa version, affirmant avoir coopéré et remis les dossiers demandés. Les nouveaux dirigeants de l'AILC, nommés le même jour et assermentés le 20 août, ont d'ores et déjà pris possession de leurs fonctions.
Ce qu’il faut retenir
- Djougourou affirme que l'AILC avait détecté des irrégularités majeures dans la commercialisation du pétrole tchadien avant le blocage de l'enquête.
- L'ex-responsable conteste officiellement son remplacement et parle de menaces contre sa sécurité personnelle.
- Les nouveaux directeurs de l'AILC nommés le 14 août ont prêté serment ; la SHT contredit la version de Djougourou sur les incidents.
- Les enquêtes concernaient aussi Tchad Petroleum Company et la SONEMIC ; les documents restent confidentiels pour l'instant.
Source : Tchad Infos