D’anciens Lions déshérités : la leçon de patrimoine de Djonkep

Bonaventure Djonkep, international camerounais à la Coupe du monde 1990 en Italie, incarne un modèle rare : celui du footballeur qui a su transformer ses primes en richesse durable. Avec 30 millions de francs CFA gagnés lors du mondial, l'ancien attaquant des Lions Indomptables a choisi une stratégie simple mais redoutable : acquérir des terrains dans des zones à potentiel, attendre la valorisation naturelle du foncier, puis revendre partiellement pour financer la construction d'un immeuble locatif.

Son parcours dénonce un malaise profond du football professionnel, tant en Afrique qu'ailleurs. Tandis que des centaines de millions circulent chaque année dans les poches des joueurs, une proportion inquiétante d'entre eux sombre dans la précarité moins de cinq ans après la retraite. Des maisons saisies, des agents disparus, des comptes vidés : le scénario se répète de Manchester à Yaoundé.

Le diagnostic de Djonkep est sans complaisance. Les clubs forment des athlètes exceptionnels, non des investisseurs avertis. Les académies enseignent la technique du ballon, jamais celle des actifs et passifs. Les jeunes talents, souvent expatriés dès 16 ans, se retrouvent dans des univers où l'argent va vite, où la famille réclame, où le statut se mesure en voitures. L'épargne, elle, ne fait pas sensation sur les réseaux sociaux.

Or, pour Djonkep, la question demeure élémentaire : comment un professionnel ayant gagné des fortunes se retrouve-t-il ruiné ? Sa réponse, formulée sans cynisme, résonne comme un avertissement aux générations actuelles de footballeurs camerounais et centrafricains.

Ce qu’il faut retenir

  • Djonkep a investi ses 30 millions de primes (Italia 90) dans le foncier, créant ainsi un patrimoine locatif stable et générateur de revenus réguliers.
  • Études révèlent qu'une majorité de footballeurs professionnels mondiaux connaissent des difficultés financières graves dans les cinq ans après leur retraite.
  • Le football africain ignore l'éducation financière : clubs forment des athlètes, non des gestionnaires de patrimoine ou d'investissements immobiliers.
  • Le message de Djonkep aux jeunes talents : investir et patienter, plutôt que dépenser, c'est la garantie d'une retraite paisible sans mendicité.

Source : Camer.be

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