Vice-président camerounais : Iyodi dénonce un contournement de la démocratie

Samuel Hiram Iyodi, ancien candidat à la présidentielle camerounaise, a livré une critique acérée de la réforme constitutionnelle créant un poste de vice-président. Sur le plateau d'Équinoxe TV, il a développé une argumentation en deux volets contre ce qu'il considère comme une violation du pacte démocratique.

D'abord, l'ancien aspirant à la magistrature suprême souligne que cette modification institutionnelle n'a jamais figuré dans le programme électoral présenté par le chef de l'État aux Camerounais. Un contrat moral entre gouvernant et gouvernés aurait donc été rompu, selon lui. La question centrale demeure : peut-on transformer aussi radicalement l'architecture du pouvoir exécutif sans consultation électorale préalable ?

Ensuite, Iyodi met en lumière un vide juridique préoccupant : le texte réformateur ne précise ni les critères d'accession à cette fonction, ni les compétences requises, ni le profil souhaité. Cette imprécision n'est pas un détail mineur, mais révèle, à ses yeux, une élaboration précipitée ou délibérément opaque.

Mais le cœur du grief politique concerne la succession. Contrairement à d'autres démocraties où le vice-président est élu aux côtés du président, au Cameroun, cette autorité serait désignée par la seule volonté du chef de l'État. En cas de vacance du pouvoir, ce personnage nommé accéderait à la présidence sans jamais avoir reçu l'approbation citoyenne. Iyodi y voit une manœuvre de concentration du pouvoir, inscrite dans une logique plus vaste de contournement des contre-pouvoirs.

Ce qu’il faut retenir

  • Iyodi reproche au gouvernement d'avoir introduit une réforme absente du programme électoral présenté aux électeurs.
  • Le texte constitutionnel omet de définir les conditions et critères d'éligibilité au poste de vice-président.
  • Le vice-président camerounais serait nommé par le président et pourrait lui succéder sans légitimité électorale populaire.
  • L'opposition préconise l'élection du vice-président sur un scrutin de liste, comme dans plusieurs démocraties africaines.

Source : Camer.be

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