En 2016, le mathématicien Faustin-Archange Touadéra avait juré d'en finir avec le culte de la personnalité. Son directeur de campagne, Simplice Mathieu Sarandji, promettait sur les ondes que seul Dieu méritait vénération, non un homme. Ces paroles rassemblaient les Centrafricains, las des anciens régimes.
Huit ans plus tard, la promesse s'est évanouie. Le régime Touadéra a progressivement restauré les pratiques qu'il dénonçait : vêtements à l'effigie présidentielle, danses obligatoires, enfants mobilisés pour acclamations publiques. Ce qui semblait être une erreur initiale s'est transformé en système gouvernemental. Le culte de la personnalité atteint désormais des niveaux inédits, surpassant même l'ère Bokassa sur certains points.
Le contraste frappe quotidiennement les citoyens. Tandis que l'image présidentielle s'affiche sur les tissus, les panneaux publicitaires et les chemises distribuées, les routes restent défoncées, les hôpitaux manquent de ressources, l'inflation appauvrit les familles. L'arrivée des mercenaires russes a intensifié cette propagande, transformant chaque action en victoire fictive. Les dirigeants ont abandonné l'obligation de résultats pour imposer leur présence par le spectacle. Les promesses de simplicité et de travail de 2016 ne subsistent que comme souvenirs amers.
Ce qu’il faut retenir
- Touadéra abandonne ses promesses anti-culte de la personnalité faites en 2016
- Le régime restaure progressivement les pratiques anciennes : vêtements présidentiels, danses forcées, mobilisations publiques
- Contraste flagrant : propagande intensifiée pendant que routes, hôpitaux, services s'effondrent
- Mercenaires russes renforcent une machine propagandiste couvrant l'inaction gouvernementale
Source : Corbeau News Centrafrique