À l'approche de la fin d'un plan d'autosuffisance alimentaire, le Cameroun peine à intégrer les farines locales dans la production de pain. Malgré des incitations financières et un accord de principe avec les professionnels, le taux d'incorporation reste faible, freiné par des considérations économiques et des défis d'approvisionnement.
Le gouvernement camerounais avait fixé un objectif ambitieux : intégrer 15% de farines locales (maïs, manioc, patate) dans les produits de boulangerie et de pâtisserie d'ici 2024. Cette mesure visait à réduire la dépendance aux importations de blé, qui représentent une facture considérable pour le pays. Une convention de 400 millions FCFA a même été signée pour soutenir l'installation d'unités de transformation et de vente.
Cependant, sur le terrain, la réalité est différente. De nombreux boulangers privilégient encore le blé, jugé plus pratique et économiquement avantageux grâce aux exonérations fiscales dont il bénéficie. De plus, les habitudes de consommation restent ancrées, favorisant les produits traditionnels à base de blé. Un accord de principe a permis de fixer un taux d'incorporation de 6%, loin des 15% initialement visés.
Au-delà des aspects commerciaux, la disponibilité de la matière première constitue un obstacle majeur. La production locale de certaines cultures, comme le manioc, peine à satisfaire la demande, avec des pertes post-récolte importantes faute de moyens de conservation et de transformation adéquats. Le défi est donc double : rendre l'utilisation des farines locales économiquement viable pour les entreprises et augmenter la production agricole pour alimenter l'industrie.
Ce qu’il faut retenir
- Le Cameroun peine à atteindre son objectif de 15% de farine locale dans le pain, malgré des aides financières.
- Les boulangers préfèrent le blé pour des raisons économiques et pratiques, malgré un accord pour 6% de farines locales.
- La faible disponibilité et les pertes de matières premières locales freinent l'essor de la boulangerie locale.
- Le pays cherche à réduire sa dépendance aux importations de blé, coûteuses pour le commerce extérieur.
Source : EcoMatin