Pour assainir et moderniser un secteur minier longtemps rongé par la fraude, Yaoundé déploie une stratégie ambitieuse d'ici 2026. Le 15 juillet, le ministre par intérim Fuh Calistus Gentry a dévoilé un plan d'action visant à transformer profondément l'industrie extractive camerounaise, en mettant l'accent sur la conformité légale et l'amélioration des rendements.
La première étape du nettoyage est déjà en cours : environ 200 opérateurs clandestins ont été identifiés, leurs activités stoppées, et des poursuites judiciaires engagées contre leurs responsables. Ces mesures répressives marquent une rupture avec la tolérance antérieure face aux exploitations sauvages qui drainaient les ressources du pays sans contrepartie fiscale.
Mais la réforme ne se limite pas à la répression. Elle repose sur trois piliers : l'application stricte des normes minières existantes, l'introduction progressive de la semi-mécanisation pour les petits exploitants (2 à 15 tonnes annuelles), et l'augmentation des permis d'exploitation accordés aux opérateurs locaux. Cette dernière mesure vise à nationaliser davantage l'activité extractive, réduisant ainsi la domination des sociétés étrangères.
Pour coordonner cette ambition, le gouvernement a mis en place une architecture institutionnelle intégrée réunissant le ministère des Mines, la Société nationale des mines, ainsi que les services des Douanes et des Impôts. Cette synergie doit permettre de surmonter les obstacles récurrents et d'assurer la pérennité des grands projets miniers nationaux.
Ce qu’il faut retenir
- Environ 200 exploitations minières illégales fermées et poursuites engagées contre les contrevenants
- Semi-mécanisation obligatoire pour les petits producteurs afin de boost production légale
- Gouvernement augmente allocations titres exploitations pour opérateurs camerounais
- Coordination renforcée entre ministères sectoriels pour meilleure application normes
Source : Journal du Cameroun