Le gouvernement camerounais reconnaît officiellement 100 décès liés à l'extraction aurifère. Une enquête approfondie révèle cependant que cette statistique minimise dramatiquement la réalité des violences qui ravagent les zones minières de l'Est et de l'Adamaoua. Entre règlements de comptes, disparitions inexpliquées et assassinats systématiques, le secteur fonctionne en marge de tout contrôle d'État, transformant certaines localités en véritables champs de bataille.
De 2014 à 2022, une étude documentée recense 205 morts sur les sites artisanaux — un chiffre qui dépasse largement les communications officielles. Cette discordance révèle l'ampleur des zones grises administratives : plus de 200 entreprises exercent sans titre ou autorisation valide, tandis que 137 dossiers attendent traitement dans les tribunaux. Face à cette anarchie croissante, les populations des régions minières s'interrogent : combien de vies humaines devraient encore être sacrifiées pour que Yaoundé agisse véritablement ?
Le phénomène dépasse les frontières nationales. Entre 2021 et 2025, 44 tonnes d'or ont disparu clandestinement vers Dubaï, contre seulement 148 kilogrammes déclarés légalement. Ce détournement massif représente environ 2 000 milliards de FCFA de pertes directes pour le Trésor public. Les autorités envisagent d'envoyer des agents à Dubaï pour tracer ces flux, une mission qui pourrait exposer les réseaux de complicités internes.
Ce qu’il faut retenir
- Le bilan réel dépasse largement 100 morts : études indépendantes documentent 205 décès entre 2014-2022 dans l'exploitation aurifère.
- 44 tonnes d'or quittent clandestinement le Cameroun vers Dubaï annuellement, représentant 2 000 milliards FCFA de pertes budgétaires.
- Plus de 200 opérateurs miniers exercent sans titre légal ; 137 dossiers de violations restent en suspens devant les juridictions.
- La violence systématique dans les régions minières demeure largement non documentée par les statistiques officielles camerounaises.
Source : Camer.be