Cameroun : la stratégie de la division au cœur des maux de l’État

Au Cameroun, un discours haineux envers la communauté Bamiléké gagne du terrain, alimenté par des figures politiques et parfois toléré par des autorités. Cette montée de la xénophobie interne s'inscrit dans une stratégie politique ancienne, visant à détourner l'attention de la mauvaise gouvernance et de la disparition des ressources nationales.

Derrière les slogans xénophobes et les concepts d'exclusivité territoriale comme « Littoraliens », une tactique bien rodée depuis des décennies semble s'intensifier. Elle consiste à désigner des groupes spécifiques comme boucs émissaires, afin de diviser la population et d'éviter de traiter les problèmes structurels du pays. Cette méthode, héritée de l'époque coloniale, a été perpétuée par les différents régimes post-indépendance, créant des fractures sociales profondes.

La frustration populaire face à un État défaillant dans ses missions essentielles – emploi, santé, éducation, sécurité – trouve ainsi une cible facile. Plutôt que d'assumer sa faillite, le pouvoir encouragerait, implicitement, ce transfert de colère. Cette dynamique, loin de résoudre les problèmes, ne fait qu'aggraver le ressentiment et éroder davantage la cohésion nationale déjà précaire. L'histoire montre que la normalisation du discours de haine et la tolérance institutionnelle face aux violences ciblées peuvent avoir des conséquences désastreuses.

Ce qu’il faut retenir

  • Une rhétorique anti-Bamiléké se propage, atteignant une visibilité inédite.
  • Cette division alimente la frustration face à un État défaillant dans ses missions.
  • Une stratégie politique ancienne de 'diviser pour mieux régner' est suspectée.
  • La préoccupation pour les ressources nationales s'efface derrière les tensions internes.

Source : Camer.be

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