Le Cameroun affiche une croissance économique de 3,5 % en 2025, un chiffre qui masque un déséquilibre structurel inquiétant. Selon les comptes nationaux publiés par l'Institut national de la statistique (INS), cette progression repose quasi-exclusivement sur la vigueur de la demande intérieure, tandis que le commerce extérieur se détériore dangereusement. Les exportations reculent de 7,6 % en volume annuel, pendant que les importations bonissent de 10,1 %, creusant un déficit commercial qui atteint 3,9 % du PIB nominal.
Cet appel à la vigilance économique intervient dans un contexte où la région CEMAC peine à diversifier ses bases productives. Hors secteur pétrolier et gazier, l'économie camerounaise progresse à 3,8 %, mais cette légère accélération cache une réalité troublante : les moteurs traditionnels de l'export s'essoufflent. L'agriculture d'exportation régresse de 3,2 %, tandis que les hydrocarbures cèdent 6,9 % en un an.
La croissance survit grâce à la consommation des ménages (+4,4 %) et aux dépenses publiques (+6,0 %), consolidées par un rebond des investissements (+6,8 %). Néanmoins, cette dynamique interne pose une question stratégique : la croissance prépare-t-elle une véritable transformation productive, ou ne fait-elle qu'alimenter une dépendance accrue aux biens importés ?
Ce qu’il faut retenir
- Les exportations camerounaises chutent de 7,6 % tandis que les importations explosent de 10,1 %, creusant un déficit commercial de 3,9 % du PIB.
- La consommation intérieure et l'investissement public (bond de 16,3 %) tirent principalement la croissance, pas les échanges extérieurs.
- Le secteur tertiaire prospère (services financiers +9,7 %, télécoms +9,3 %), mais l'industrie extractive s'effondre (-6,9 % pour les hydrocarbures).
- L'agriculture d'exportation recule de 3,2 %, compromettant la capacité du pays à renforcer ses débouchés commerciaux internationaux.
Source : Investir au Cameroun