Le HCR et l'organisation Jigsaw inaugurent une approche révolutionnaire au Tchad : former des enseignants venus d'ailleurs comme enquêteurs de terrain dans les camps. Loin de rester passifs, six pédagogues des camps d'Iridimi et Touloum ont suivi quatre semaines de formation intensive pour analyser eux-mêmes les obstacles à leur intégration professionnelle et proposer des solutions.
Cette initiative, clôturée le 10 septembre à N'Djamena, rompt avec les pratiques classiques d'aide humanitaire. « Atypique et novatrice », selon Antony Akumu Abogi, représentant adjoint du HCR, elle place les premiers concernés au cœur de la recherche. Le partenariat biennal déjà engagé a permis à ces enseignants exilés de concevoir les outils d'enquête, collecter les témoignages et analyser les données — un rôle qui renforce leur autonomie bien au-delà des salles de classe.
Pour M. Abogi, le message est clair : les déplacés ne doivent pas être traités en simples destinataires d'aide. En Afrique centrale où les crises forcent des millions à l'exode, cette philosophie de participation pourrait inspirer une refonte des politiques éducatives et des systèmes d'accueil régionaux.
Ce qu’il faut retenir
- Deux femmes et quatre hommes réfugiés deviennent chercheurs pairs dans les camps tchadiens depuis quatre semaines.
- Le projet d'insertion HCR-Jigsaw reconnaît les réfugiés comme acteurs, non spectateurs, des politiques qui les affectent.
- Les données collectées doivent orienter une nouvelle génération de programmes inclusifs au Tchad.
- La collaboration de deux ans débouche sur des stratégies concrètes d'amélioration du bien-être des enseignants exilés.
Source : Alwihda Info