Au cœur de la ville du Cap, un hippodrome de plus d'un siècle cache l'une des plus extraordinaires richesses écologiques d'Afrique du Sud. Sur 52 hectares, la zone de conservation de Kenilworth abrite une faune d'une densité remarquable, dont la vedette incontestée est une minuscule amphibien : la Microbatrachella capensis, espèce endémique menacée de disparition.
Cette micro-grenouille, qui tient à peine sur un ongle, représente un cas d'école en matière de vulnérabilité. Contrairement à d'autres amphibiens qui ont des cousins proches, cette espèce n'appartient à aucun autre genre connu. Son extinction signifierait donc la perte irremplaçable d'une lignée entière, selon J. Alex Nieto Lawrence, spécialiste des amphibiens chez Anura Africa.
Deux fois chaque hiver, des naturalistes proposent des visites guidées nocturnes pour permettre aux Capetoniens de découvrir cette biodiversité cachée. Ces excursions offrent une fenêtre unique sur un écosystème oublié par la majorité des habitants, qui connaissent Kenilworth avant tout pour ses courses hippiques depuis les années 1880.
Les autorités sud-africaines travaillent actuellement à accorder un statut officiel de réserve naturelle au site. Cette reconnaissance pourrait renforcer les mesures de protection tout en ouvrant davantage l'accès public à ce sanctuaire urbain de la nature.
Ce qu’il faut retenir
- La Microbatrachella capensis, plus petite grenouille d'Afrique du Sud, demeure unique sans espèce cousine connue.
- L'hippodrome de Kenilworth protège 11 espèces d'amphibiens, 27 de mammifères et 100 à 110 d'oiseaux sur 52 hectares.
- Les promenades d'hiver permettent aux Capetoniens de découvrir cet écosystème méconnu situé à quelques kilomètres du centre-ville.
Source : Africanews