Le ministère du Plan a soumis au gouvernement camerounais un diagnostic implacable en août 2026 : les subventions aux carburants deviennent insoutenables. Avec un baril oscillant entre 100 et 110 dollars, l'État aurait déboursé 460 milliards de FCFA en 2023, soit 1,5 % du produit intérieur brut. Cette charge explosive impose une réforme, mais le « comment » divise fortement.
Trois chemins s'offrent aux décideurs. Le premier maintient les prix figés, protégeant les consommateurs à court terme mais creusant les déficits publics. Le second, recommandé par le ministère, répercute progressivement la moitié des augmentations mondiales sur les consommateurs. Le troisième transfère la totalité de la hausse, libérant les finances de l'État mais choquant les portefeuilles des Camerounais.
Ces trois scénarios ne produisent pas les mêmes dégâts. Geler les tarifs coûterait 1,6 points de PIB en trois ans et réduirait l'investissement de 20 %. Une hausse mesurée limiterait cette saignée à 0,4 points de PIB. Mais le gel offre un sursis trompeur : il retarde le choc sans l'anéantir, préparant même un « atterrissage » plus brutal par la suite.
La région CEMAC, dépendante du secteur énergétique, suivra de près cette décision. D'autres pays africains affrontés à des dilemmes similaires guettent aussi le choix camerounais, qui pourrait influencer les politiques de tarification du continent.
Ce qu’il faut retenir
- Le MINEPAT propose une augmentation échelonnée, où l'État absorberait 50 % des hausses tarifaires.
- Geler les prix coûterait 1,6 % du PIB sur trois ans; une hausse partielle ramènerait ce coût à 0,4 %.
- L'investissement reculerait de 20 % avec gel, mais de seulement 15 % avec transmission totale.
- Les aides ciblées aux catégories vulnérables constituent une alternative, mais exigent des registres sociaux performants.
Source : Camer.be