Le Tchad possède une riche histoire jalonnée de personnalités ayant marqué le pays par leurs exploits sportifs, leurs œuvres culturelles ou leur engagement républicain. Pourtant, une question lancinante demeure : ces figures nationales sont-elles suffisamment honorées ? Adjib Koulamallah, juriste sportif, tire la sonnette d'alarme, pointant du doigt un système de reconnaissance trop souvent dicté par les affinités politiques, au détriment d'une valorisation méritocratique.
Selon le juriste, l'absence d'un mécanisme national clair conduit à l'oubli de nombreux talents, qu'ils soient sportifs, artistes ou même défenseurs de la nation. Le paysage mémoriel tchadien semble privilégié les figures militaires, laissant dans l'ombre ceux qui ont contribué au rayonnement du pays par d'autres voies. Cette mémoire sélective, où les rues de N'Djamena portent les noms de héros de guerre, occulte le potentiel d'une reconnaissance plus large et plus inclusive.
Adjib Koulamallah plaide pour la mise en place d'une politique nationale dédiée à la mémoire, capable d'identifier, de documenter et de célébrer toutes les contributions significatives à l'histoire du Tchad. Une telle démarche permettrait de bâtir un récit national plus fidèle à la diversité des talents et des engagements qui ont façonné le pays, assurant ainsi que chaque héros, quel que soit son domaine, trouve sa juste place dans la mémoire collective.
Ce qu’il faut retenir
- Le Tchad peine à honorer tous ses héros, notamment dans les domaines sportif et culturel.
- La reconnaissance des mérites est souvent liée aux affiliations politiques, déplore un juriste.
- Un appel est lancé pour une politique nationale de valorisation et de conservation de la mémoire.
- La mémoire nationale est jugée trop axée sur les exploits militaires, négligeant d'autres contributions.
Source : Tchad Infos