Au Soudan, malgré l'intensification du conflit et l'utilisation croissante de drones armés, quelque 4,2 millions de personnes ont choisi de revenir dans leurs régions d'origine. Ce mouvement de retour massif, documenté par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), traduit l'espoir de nombreux Soudanais de rebâtir une existence ordinaire après des mois de dislocation.
La capitale Khartoum enregistre le plus grand afflux avec 1,9 million de retours, suivie de la région d'Al Jazirah (1,1 million). Les Nations unies estiment que plus de deux millions d'autres personnes pourraient regagner Khartoum au cours de cette année, à condition que la situation sécuritaire et l'accès humanitaire s'améliorent.
L'analyse révèle que les déplacés internes constituent 83 % des retours, tandis que 17 % proviennent de l'étranger. Parmi ces derniers, l'Égypte demeure le premier pays d'accueil temporaire (45 %), suivi du Soudan du Sud (31 %), de la Libye (11 %) et des États du Golfe (8 %). Une proportion infime, environ 2 %, revient du Tchad voisin.
Jeunes majoritaires et quête de sécurité : les retours se répartissent équitablement entre zones urbaines et rurales, avec 87 % des ménages citant l'amélioration sécuritaire comme principal motif de retour. Quelque 50 % des rapatriés sont des mineurs, reflet des générations marquées par le conflit qui a éclaté en avril 2023.
Ce qu’il faut retenir
- Depuis avril 2023, le conflit soudanais a déplacé 14 millions d'âmes : 9 millions à l'intérieur du territoire, 4,5 millions au-delà des frontières régionales.
- Khartoum et Al Jazirah absorbent à elles seules 3 millions des retours enregistrés par l'OIM depuis le début de crise.
- Au Kordofan occidental, une épidémie suspecte de choléra a tué plusieurs dizaines de personnes et affecté plus de 100 cas documentés cette semaine seule.
- Les drones armés ont causé au moins 880 décès civils depuis janvier, selon les comptages des Nations unies.
Source : Tchad Infos