Le projet de modernisation de la raffinerie camerounaise a reçu un soutien de principe lors d'une consultation de marché à Yaoundé les 29 et 30 juin 2026. Quelque 167 acteurs du secteur—constructeurs, financiers, traders pétroliers et institutions bancaires—ont examiné la pertinence de cette initiative stratégique pour la sécurité énergétique nationale et régionale.
Le diagnostic est nuancé : si les participants reconnaissent le caractère vital du projet pour l'approvisionnement de la zone CEMAC, ils formulent des recommandations substantielles pour renforcer sa viabilité financière et technique. L'une des clarifications majeures concerne la garantie de marché : les 80 % réservés à la demande locale correspondent aux 2,1 millions de tonnes métriques actuellement consommées chaque année, et non à la capacité complète projetée de 3,5 millions de tonnes.
De cette distinction découle un potentiel significatif d'exportation régionale, qui pourrait consolider le remboursement des prêts et positionner le Cameroun comme futur centre régional de raffinage. Cependant, les experts soulignent que les capacités retenues ne garantissent pas la rentabilité selon les normes internationales, qui exigent un minimum de 5 millions de tonnes métriques.
Ce qu’il faut retenir
- Les 167 participants reconnaissent l'importance stratégique du projet pour la sécurité énergétique camerounaise et l'approvisionnement de la sous-région
- Les institutions financières jugent le calendrier de six mois insuffisant ; elles préconisent entre 12 et 24 mois pour finaliser les financements
- Les opérateurs EPC recommandent le remplacement systématique des équipements endommagés et une expertise technique indépendante avant tout engagement définitif
- La matrice des risques doit intégrer l'approvisionnement en brut, la volatilité des prix et le risque de change, absents des documents présentés
Source : News du Cameroun