Le projet Prolog, doté de 189 milliards de FCFA et destiné à développer les infrastructures dans six régions du Cameroun, impose des seuils de chiffre d'affaires qui mettent en difficulté la majorité des entrepreneurs locaux. Pour remporter un contrat dépassant le milliard de FCFA, une entreprise doit justifier d'au moins trois milliards de revenus annuels — un critère que peu de PME camerounaises parviennent à satisfaire.
Ce cahier des charges révèle une tension croissante dans l'économie camerounaise. D'un côté, les bailleurs de fonds exigent des garanties financières robustes pour sécuriser leurs investissements. De l'autre, le pays compte 472 208 PME formelles, soit plus de 83 % de son tissu entrepreneurial, dont beaucoup possèdent les compétences techniques mais manquent de capacités financières suffisantes.
La nouvelle loi camerounaise sur la sous-traitance, adoptée en juillet 2025, entend contourner cet obstacle. Elle oblige les grandes entreprises adjudicataires à confier au moins 40 % des contrats à des PME locales et impose des délais de paiement stricts : un acompte de 30 % avant le démarrage, le solde dans les 90 jours. Une bouffée d'air pour des entreprises souvent asphyxiées par les retards de paiement.
Ce qu’il faut retenir
- Marchés Prolog : seuils progressifs de chiffre d'affaires selon le montant des travaux (de 500 millions à 3 milliards de FCFA).
- Loi 2025/010 : obligation pour les titulaires d'affecter 40 % minimum des contrats aux PME camerounaises en sous-traitance.
- Financement du projet : 300 millions de dollars pour six régions (Adamaoua, Est, Extrême-Nord, Nord, Nord-Ouest, Sud-Ouest).
- Enjeu majeur : concilier rigueur financière internationale et développement des entreprises nationales.
Source : News du Cameroun