Au Brésil, plusieurs femmes victimes de maltraitances conjugales chroniques ont tué leurs agresseurs et invoquent la légitime défense devant les tribunaux. Ces cas soulèvent des questions majeures sur la reconnaissance juridique des droits des femmes battues et les défaillances des systèmes de protection.
Milene Vasconcellos, aide-cuisinière de 38 ans à Santo André, a fatalement blessé Rafael après des mois de violences répétées, y compris des tentatives d'étranglement. Elle avait préalablement demandé une ordonnance de protection en vertu de la loi Maria da Penha, texte pionnièrement brésilien contre les violences de genre, mais l'a suspendue à la demande du couple réconcilié. Un mois après la levée de cette mesure, le drame s'est produit en 2024.
À environ 400 kilomètres de distance, Úrsula Ricardo Francisco, assistante sociale âgée de 55 ans, a abattu son mari gendarme militaire en février 2008 après une décennie de calvaire. Contrôlée émotionnellement, elle avait appris à manier une arme sous la contrainte et les menaces répétées de mort contre elle et son enfant. Après une décennie de détention provisoire, elle a finalement obtenu son acquittement.
Les experts soulignent que prouver l'autodéfense demeure ardu : la qualité de la défense juridique, le déroulement des enquêtes et les biais sexistes influencent fortement les verdicts. Beaucoup de victimes restent silencieuses, craignant de ne pas être crus ou protégés par les institutions.
Ce qu’il faut retenir
- Deux femmes brésiliennes ont tué leurs maris agresseurs et invoquent la légitime défense légalement reconnue par le droit pénal brésilien.
- La loi Maria da Penha offre des ordonnances de protection, mais leur efficacité dépend de l'engagement des victimes et de la réponse institutionnelle.
- Les prejugés sexistes et les carences enquêtes compliquent considérablement la reconnaissance juridique de l'autodéfense pour les femmes.
- De nombreuses victimes évitent de signaler les violences, se sentant discréditées et insuffisamment protégées par le système judiciaire.
Source : BBC Afrique