Le soutien affiché par les dirigeants africains à la réélection de Gianni Infantino à la tête de la FIFA cache une réalité plus sombre : une dépendance financière qui étoufferait toute velléité de contestation. À quelques mois du scrutin de 2026, la question du prix payé par le continent devient incontournable.
La promesse est alléchante. Plus d'argent pour les fédérations, davantage de primes aux compétitions, des programmes de développement massifiés. Depuis 2016, cet argument récurrent justifie les ralliements successifs du leadership continental au projet du président sortant. Mais d'où viennent réellement ces sommes ? Comment les fédérations les justifient-elles auprès de leurs opinions publiques respectives ? Aucune réponse tranchée n'est fournie.
Plus préoccupant encore : les revenus organiques du football africain s'amenuisent. La rupture du contrat d'un milliard de dollars avec Lagardère en 2019 a privé la CAF de ressources cruciales. Depuis, la gestion des droits télévisés demeure opaque, oscillant entre des distributeurs défaillants et une centralisation qui affaiblit les chaînes locales. Comment alors justifier une transparence budgétaire quand les sources de financement structurelles du continent s'assèchent ?
Le silence des fédérations, des ministères des Sports et des acteurs du continent sur ces questions existentielles s'apparente à une capitulation stratégique. L'Afrique regarde sans intervenir, acceptant de voir ses intérêts marginalisés pour des allocations immédiates. Une compromission que les générations futures pourraient bien qualifier de trahison.
Ce qu’il faut retenir
- Les leaders africains justifient leur soutien à Infantino par des augmentations de prize money, masquant une dépendance financière problématique envers la FIFA.
- La CAF a perdu ses principaux revenus propres après rupture du contrat Lagardère, renforçant sa vulnérabilité face aux programmes de développement fédéraux.
- L'absence de débat transparent sur les droits télévisés et de marketing affaiblit la position de négociation du football africain à long terme.
- Les dirigeants continentaux restent silencieux sur ces enjeux fondamentaux, sacrifiant les intérêts futurs du football africain contre des avantages immédiats.
Source : Le Bled Parle