Confrontée à des manifestations violentes contre les migrants, l'Afrique du Sud défend une approche continentale du problème. Le gouvernement sud-africain s'oppose à une mise en cause isolée de sa gestion des flux migratoires et préconise une réflexion plus large impliquant tous les États africains sur les ressorts profonds du phénomène.
Depuis l'été, des mouvements anti-migration ont intensifié la pression dans le pays. Des groupes organisés réclament régulièrement l'expulsion des étrangers en situation irrégulière et menacent de poursuivre leurs actions tous les jeudis. Plusieurs migrants ont signalé des agressions violentes, tandis que les rangs des retours forcés gonflent : entre juin et juillet, près de 68 000 personnes ont quitté l'Afrique du Sud, en majorité originaires du Malawi, du Zimbabwe et du Mozambique.
Le ministre sud-africain Ronald Ramola juge injuste que son pays soit désigné comme bouc émissaire. Selon lui, il accueille précisément le plus de migrants du continent, ce qui explique qu'il concentre les tensions. Pretoria rejette ainsi la proposition ghanéenne d'inscrire la question à l'agenda de l'Union africaine en octobre. Le sommet de la SADC, prévu prochainement à Durban, offrira une première occasion de débattre des causes – chômage, instabilité, absence de perspectives – qui poussent des milliers de personnes à traverser les frontières.
Ce qu’il faut retenir
- Pretoria appelle à mobiliser tous les États du continent pour examiner les fondements de la crise migratoire, pas seulement les débordements en Afrique du Sud.
- Entre juin et juillet, environ 68 000 migrants ont quitté le pays, la plupart rapatriés vers des pays voisins d'Afrique australe.
- Des mouvements locaux intensifient la pression gouvernementale par des manifestations hebdomadaires exigeant des expulsions accélérées et un durcissement aux frontières.
Source : Africanews