Le décès d'un enfant malien de neuf mois, bloqué à un poste de contrôle policier alors que ses parents le conduisaient d'urgence à l'hôpital, a ravivé les tensions à Libreville. Mercredi, au quartier Nyali, l'absence de pièce d'identité de la mère a suffi pour que l'enfant agonisant soit retenu, à seulement 600 mètres d'une structure sanitaire. Le bébé n'a pas survécu.
Cet incident révèle des dysfonctionnements plus larges au sein des services de sécurité publique en Afrique centrale : une application rigide du formalisme administratif au détriment du jugement situationnel, particulièrement dans les cas d'urgence médicale. Les forces de l'ordre gabonaises, comme dans d'autres pays de la région, accumulent les critiques pour des contrôles prolongés, souvent dépourvus de justification claire et rarement conclus par des sanctions réglementaires.
La colère exprimée sur les lieux — mère déposant le corps de son enfant au sol en signe de désespoir — traduit une exaspération collective face à un système où l'autorité semble primer sur le service public. Les autorités gabonaises devront désormais adopter des protocoles d'exception pour les urgences vitales et renforcer la formation humanitaire de leurs agents, sous peine de voir ces tensions s'aggraver.
Ce qu’il faut retenir
- Un nourrisson malien décédé à un checkpoint de Libreville faute de documents d'identité, malgré l'urgence médicale
- Révèle un problème systémique : application mécanique des règles administratives sans discernement face aux cas critiques
- Exige des réformes institutionnelles : protocoles clairs pour urgences médicales et renforcement de la formation des agents
Source : Gabon Actu