Les producteurs et chercheurs ouest-africains entendent surmonter les blocages qui empêchent les variétés certifiées de circuler librement entre les États. Lors d'une rencontre régionale organisée à la fin du mois d'août, plus de deux cents acteurs du secteur semencier ont dressé un constat unanime : le cadre légal existe depuis plus d'une décennie, mais sa mise en pratique demeure fragmentée et inégale.
Le cœur du problème réside dans la disponibilité insuffisante de semences de première génération. Ces semences, produites généralement par les organismes publics de recherche, constituent la matière première indispensable aux entreprises pour multiplier les variétés destinées aux agriculteurs. Le Nigeria illustre cette dépendance : plus de 90 % de ces semences y proviennent toujours des instituts gouvernementaux.
Cependant, des avancées tangibles ont été enregistrées en deux décennies. Plus de 650 scientifiques ont reçu une formation spécialisée, et environ 685 variétés nouvelles ont obtenu leur homologation, dont 60 % font l'objet d'une commercialisation active. Le taux d'adoption des semences améliorées a progressé de 6 % à plus de 30 %. Des entreprises comme Antika au Ghana ou NAFASO au Burkina Faso témoignent de cette dynamique, avec des augmentations spectaculaires de leur capacité de production.
Les participants plaident désormais pour une harmonisation accélérée des procédures, un financement accru du secteur privé et une standardisation des règles commerciales, afin que les stocks semenciers franchissent aisément les frontières régionales.
Ce qu’il faut retenir
- Depuis 2008, la CEDEAO reconnaît mutuellement les semences certifiées, mais l'application varie d'un pays à l'autre.
- Le déficit de semences de première génération freine la multiplication des variétés homologuées destinées aux paysans.
- En vingt ans, plus de 650 chercheurs formés et 685 variétés homologuées, avec un taux d'adoption passant de 6 % à 30 %.
- L'investissement dans le secteur privé et l'harmonisation des normes régionales constituent les priorités identifiées.
Source : Africanews