En marge du Forum mondial de politique des télécommunications qui se tient actuellement à Nassau, aux Bahamas, le Gabon affiche une ambition nouvelle : accéder au Conseil de l'Union internationale des télécommunications (UIT). Cette candidature, formellement lancée le 2 septembre, marque un tournant dans la stratégie de Libreville, qui souhaite délaisser son statut de simple observateur pour devenir un acteur influent dans les débats façonnant l'avenir numérique planétaire.
C'est le ministre de l'Économie numérique, Mark-Alexandre Doumba, qui porte ce dossier à Nassau. Son message est clair : Libreville ne cherche pas un siège purement honorifique, mais entend y jouer un rôle moteur. En arrière-plan, une réalité lancinante : depuis des décennies, les infrastructures, technologies et bénéfices du secteur numérique demeurent concentrés dans un petit nombre de nations. Or, pour l'Afrique, l'enjeu est de taille. Accéder aux chaînes de valeur technologiques, peser sur l'accès aux outils numériques, et façonner les normes internationales représentent autant de leviers de développement.
Le contexte régional donne du poids à cette démarche. Dans la zone CEMAC, les déficits en connectivité, en couverture de réseau et en compétences informatiques restent criants. Une présence gabonaise au cœur des instances onusiennes pourrait porter la voix de l'Afrique centrale sur la résilience des infrastructures, la réduction de la fracture numérique et l'innovation inclusive.
Ce qu’il faut retenir
- Le Gabon convoite un siège au Conseil de l'UIT lors de la Conférence de plénipotentiaires de novembre au Qatar, où seront élus 48 États membres.
- Libreville fonde sa candidature sur sa propre trajectoire : fibre optique, Carrier Hotel, digitalisation des services publics et écosystème startup en consolidation.
- L'objectif : amplifier la voix africaine sur les enjeux critiques : connectivité, intelligence artificielle, cybersécurité et inclusion numérique.
- Le déploiement de la 5G, prévu en novembre, renforce la crédibilité du Gabon comme acteur technologique régional en mutation.
Source : Gabon Actu