La Société de recouvrement des créances (SRC), mandatée pour récupérer les dettes dues à l'État camerounais, accumule les déficits sans inverser la tendance. Les comptes validés en juin 2026 révèlent une perte nette de 1,97 milliard de FCFA sur l'exercice 2025, confirmant les dysfonctionnements structurels que la Chambre des comptes avait déjà pointés lors de son audit couvrant 2018-2022.
Ce résultat est particulièrement préoccupant : en une seule année, la SRC a creusé un déficit équivalent à 93 % de l'ensemble des pertes cumulées sur cinq exercices précédents, chiffrées à 2,1 milliards de FCFA. Depuis 2022, où la perte atteignait déjà 1 milliard de FCFA, aucune amélioration n'est intervenue.
L'Assemblée générale, réunie à Yaoundé, a exprimé ses « regrets face aux entraves constantes » freinant le mandat de recouvrement. Cette formulation laisse sans réponse une question centrale : quels obstacles institutionnels, procédures judiciaires ou résistances administratives paralysent réellement cette entreprise publique ? Pour l'État camerounais, l'enjeu dépasse la comptabilité : la mobilisation des recettes internes demeure une priorité budgétaire majeure en Afrique centrale.
Ce qu’il faut retenir
- Perte nette de 1,97 milliard FCFA en 2025, confirmant l'absence de redressement depuis les audits précédents.
- Les charges de personnel absorbent jusqu'à 112 % des revenus générés, rendant le modèle économique insoutenable.
- Seulement 18 agents sur 168 affectés directement au recouvrement, révélant un manque d'alignement stratégique des ressources.
- Les « entraves constantes » dénoncées par l'Assemblée demeurent mal identifiées et non résolues depuis 2018.
Source : Investir au Cameroun