Après des années consacrées à augmenter la capacité de production, le Cameroun pivote vers une nouvelle priorité : les infrastructures de transport de l'électricité. Cette réorientation stratégique a été confirmée le 19 juin 2026 à Yaoundé lors d'une rencontre entre le ministre Gaston Eloundou Essomba et des représentants de l'institution financière publique italienne Cassa Depositi e Prestiti.
Le défi est majeur : environ 30 % de l'électricité produite se perd avant d'atteindre les consommateurs, en raison de l'insuffisance des lignes à haute tension et des équipements de transformation. Avec l'arrivée en service du barrage de Nachtigal et plusieurs autres projets en préparation — dont Kikot (500 MW), Minkouma et Bini à Warak — le Cameroun doit impérativement étendre son réseau pour éviter que cette nouvelle puissance énergétique ne reste à l'état de promesse.
Cette transition s'inscrit dans le Compact énergétique national, qui vise à mobiliser 12,5 milliards de dollars d'ici 2030 pour les infrastructures énergétiques durables. Le gouvernement envisage d'ouvrir davantage le secteur du transport aux investisseurs privés, notamment par des partenariats public-privé, afin d'accélérer les chantiers sans surcharger les finances de l'État. La Sonatrel, société publique chargée du transport depuis 2015, ne peut à elle seule financer l'ampleur des modernisations requises.
Ce qu’il faut retenir
- Le Cameroun oriente désormais les investissements énergétiques vers le transport électrique plutôt que la seule production.
- Près d'un tiers de l'électricité générée se dissipe avant distribution ; réduire ces pertes est crucial pour l'économie.
- Le Compact énergétique cible 12,5 milliards de dollars pour les infrastructures durables jusqu'à 2030.
- Partenariats public-privé envisagés pour accélérer la réalisation des lignes et postes de transformation.
Source : Investir au Cameroun