Au Soudan, le conflit qui ravage le pays depuis avril 2023 a engendré une tragédie silencieuse : des milliers d'enfants naissent sans aucune identité légale. Victimes de violences extrêmes, comme le témoignage glaçant d'Amira, une jeune mère de 17 ans, ces nourrissons sont privés d'acte de naissance, de numéro d'identification et, par conséquent, de droits fondamentaux.
La chute d'el-Fasher, dans le Darfour, a plongé des civils dans un enfer, forçant des familles à fuir dans des conditions périlleuses. Amira, enlevée et victime de viols répétés par des membres des Forces de soutien rapide (FSR), a découvert sa grossesse en captivité. Accouchant dans un centre humanitaire, elle se retrouve aujourd'hui démunie face à l'impossibilité d'enregistrer son enfant.
Sans le nom du père, qui est une condition sine qua non dans le système d'enregistrement soudanais, la naissance de son fils ne peut être officialisée. Cette absence de papiers officiels le prive de vaccinations, d'accès à l'éducation et même de la possibilité de voyager un jour. Une situation qui, selon les associations locales, touche une génération entière, marquée par la stigmatisation et l'exclusion.
Ce qu’il faut retenir
- Des milliers d'enfants soudanais naissent sans identité légale en raison du conflit.
- Les victimes de violences sexuelles comme Amira peinent à enregistrer leurs enfants sans le nom du père.
- L'absence d'acte de naissance prive ces enfants de droits fondamentaux et d'accès aux services essentiels.
- Une génération entière risque d'être marquée par la stigmatisation et l'exclusion sociale.
Source : BBC Afrique