Le navire-usine Hilli Epesiyo a officiellement quitté les eaux camerounaises le 4 août, mettant un terme à huit années d'exploitation du gaz naturel liquéfié dans le port de Kribi. Cet événement majeur redessine le paysage énergétique du Cameroun, qui perd son statut de pays exportateur de GNL et doit repenser sa stratégie de valorisation gazière.
Durant son séjour, l'unité flottante norvégienne de Golar LNG a déchargé 156 cargaisons, représentant plus de 10 millions de tonnes de gaz liquéfié depuis 2018. Le navire s'est distingué par un taux de disponibilité de 100 % sur la durée intégrale du contrat, selon les déclarations de Karl Fredrik Staubo, PDG du groupe armateur. Après les opérations de débranchement achevées fin juillet, le Hilli Epesiyo prend maintenant la direction du chantier Seatrium à Singapour avant un redéploiement en Argentine en 2027.
L'épuisement du gisement Sanaga Sud, exploité par Perenco et la Société nationale des hydrocarbures (SNH), explique cette conclusion. Fonctionnant à mi-capacité avec 1,2 million de tonnes annuelles contre 2,4 millions possibles, le projet n'a plus justifié sa prolongation. L'État camerounais prévoit de rediriger sa production gazière résiduelle vers le marché intérieur : alimentation de l'usine Keda, centrale thermique KPDC et production de 30 000 tonnes de GPL pour la consommation locale.
Ce qu’il faut retenir
- L'unité flottante quittera Kribi après 156 déchargements et plus de 10 millions de tonnes de GNL produits en huit ans
- Golar LNG redéploiera le navire en Argentine dès 2027 pour un contrat de deux décennies
- Le Cameroun doit renoncer aux revenus d'exportation et réorienter son gaz vers les besoins intérieurs
- Les économistes prévoient un ralentissement de la croissance camerounaise, passant de 3,5 % à 3,3 % en 2026
Source : EcoMatin