Depuis des décennies, un groupe restreint de personnalités issues de deux clans familiaux originaires de Mongomo détourne méthodiquement le patrimoine national. Infrastructures financées par l'État, contrats opaques, filiales privées : le système fonctionne selon un schéma immuable — construire avec les fonds publics, transférer vers des structures privées, encaisser les bénéfices sans transparence.
Au cœur de ce mécanisme figurent les familles Esangui et Obuk. Le cas de l'aviation civile l'illustre crûment : le Trésor public verse mensuellement 196 millions de francs CFA à Guinea Ecuatorial Air Lines (GEASA SL), liée à Teodoro Nguema Obiang Mangue et à la première dame Constancia Mangue Nsue Okomo, pour la location d'un avion de 12 places resté immobilisé trois ans. Sur dix années, ces versements cumulés dépassent 23,6 milliards de francs CFA (plus de 36 millions d'euros). Parallèlement, des appareils de Boeing destinés à la compagnie nationale Ceiba Intercontinental ont été détournés vers un usage présidentiel luxueux.
Le détournement s'étend bien au-delà. Hôtels, résidences gouvernementales, centres commerciaux : des dizaines d'équipements édifiés au budget de l'État fonctionnent en réalité sous contrôle privé, via Abayak SA et ses filiales écrans. Les revenus générés ne reviennent jamais au Trésor ; ils alimentent les comptes bancaires personnels. Cette architecture opaque implique des collaborateurs placés aux postes clés, chargés de faire disparaître les documents compromettants.
Ce qu’il faut retenir
- Avions d'État privatisés : une compagnie aérienne présidentielle financée à plus de 36 millions d'euros de fonds publics depuis une décennie.
- Infrastructures détournées : hôtels, logements sociaux et centres commerciaux construits au budget national, exploités par des sociétés privées liées à la famille.
- Opacité systématique : absence totale de publication des revenus pétroliers et monopole d'une seule entreprise sur la distribution de carburant.
Source : Diario Rombe