Gouvernance camerounaise : quand les chiffres confirment le malaise

Le politologue Richard Makon dénonce une gestion défaillante de l'État camerounais. Au-delà de la charge politique, les indicateurs économiques et sociaux révèlent effectivement des tensions profondes : une dette qui s'envole, une industrie en déclin, et une jeunesse qui fuit massivement le pays.

Avec une dette publique atteignant 15 416 milliards de FCFA (44,3 % du PIB) au premier trimestre 2026, le Cameroun frôle les seuils d'alerte fixés par la CEMAC. Les agences de notation internationale ont dégradé la perspective du pays à « négative », tandis que le coût de l'endettement grimpe à des niveaux prohibitifs. Dans ce contexte, les critiques de Makon résonnent particulièrement auprès d'une population confrontée à la cherté de la vie et au chômage récurrent.

Sur le terrain social, les données sont édifiantes : plus d'une moitié des jeunes Camerounais envisagent de quitter le pays, attirés par des perspectives économiques meilleures ailleurs. La diaspora, estimée à six millions de personnes, transfère annuellement plus de 650 milliards de FCFA, transformant l'exil en véritable mécanisme de survie pour les familles restées au Cameroun. Parallèlement, la production pétrolière a plongé de 180 000 à 58 000 barils par jour en quatre décennies, tandis que l'industrie manufacturière stagne.

Cependant, le tableau reste nuancé : l'inflation a baissé à 2,7 % en mai 2026, et le FMI anticipe une croissance de 3,3 % pour l'année en cours. Malgré ces signaux positifs, le déficit budgétaire non pétrolier s'est creusé à 2,6 % du PIB, révélant les fragilités structurelles d'une économie fortement dépendante des ressources énergétiques.

Ce qu’il faut retenir

  • La dette camerounaise a doublé en une décennie pour atteindre 15 416 milliards de FCFA, générant un coût de remboursement record sur deux ans.
  • Plus de la moitié des jeunes camerounais aspirent à l'émigration ; la diaspora transfère 652 milliards de FCFA annuellement pour soutenir les familles.
  • La production pétrolière s'est effondrée : 180 000 barils/jour en 1985 contre 58 000 en 2024, affaiblissant la base fiscale de l'État.

Source : Camer.be

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