La récente opération de paiement par la Trésorerie de Guinée équatoriale soulève de nombreuses interrogations sur la gestion des fonds publics. En effet, après avoir accordé un prêt de 6.000 millions de francs CFA au Groupe Abayak en mars 2023, la Trésorerie a de nouveau versé 2.439 millions de francs CFA en novembre à sa filiale Abayak Inmobiliaria. Ce dernier versement, justifié par des loyers et services rendus au ministère de la Défense nationale, met en lumière des pratiques financières potentiellement litigieuses.
La relation entre l'État et Abayak Inmobiliaria, entreprise gérée par des membres de la famille présidentielle, apparaît problématique. Les documents comptables indiquent que le ministère de la Défense a été en contrat avec cette société depuis 2019, ce qui soulève des questions sur l'utilisation des biens publics. Des sources affirment que les ministères n'ont pas la latitude de choisir leurs bureaux, fréquents dans des locaux appartenant à Abayak, ce qui conduit à des paiements directs de l'État à cette entreprise.
Ce double mouvement financier, totalisant près de 8.439 millions de francs CFA en sept mois, interroge sur la transparence des dépenses publiques en Guinée équatoriale. Les interrogations vont bon train : quel est le nombre de propriétés louées par Abayak au gouvernement ? Quelles sont les modalités de fixation des prix de ces loyers ? L'absence de concours publics dans l'attribution de ces contrats pourrait également cacher des conflits d'intérêts. Ces événements mettent en lumière un système plus vaste de transfert de ressources publiques vers des entreprises liées à la présidence, invitant à une réflexion sur la responsabilité financière au sein du pays.
Ce qu’il faut retenir
- Un prêt de 6.000 millions de francs CFA accordé au Groupe Abayak en mars 2023.
- Un nouveau paiement de 2.439 millions de francs CFA effectué à Abayak Inmobiliaria en novembre.
- La Trésorerie d'État a transféré au total 8.439 millions de francs CFA en sept mois.
- Des questions persistantes sur les contrats d'État et les conflits d'intérêts liés à Abayak.
Source : Diario Rombe